C'est un des grands anciens de sulkyland dont j'ai appris la disparition hier, je présente mes condoléances à toute sa famille.
Et pour lui rendre hommage, je laisse la parole à son beau frère belette4:
Jean nous a quittés cette nuit, de mercredi à jeudi, après deux années de lutte contre un double cancer.
C’était l’un des grands anciens du jeu : le joueur portant le code 523. Il avait créé le clan LES BAROUDEURS — code 29 — avec deux ou trois autres joueurs, à une époque où Sulkyland s’appelait encore Webidrome.
Jean était né en 1944, enfant de la guerre et de l’amour. Son père, Français, avait été envoyé en Allemagne dans le cadre du STO, où il avait rencontré sa mère, allemande. À la fin de la guerre, Jean est arrivé en France avec ses parents. La famille est restée unie et s’est ensuite agrandie avec une sœur et deux frères.
Son père, passionné de courses hippiques, l’emmenait sur tous les hippodromes de la région parisienne. Poussé par cette passion, Jean a quitté l’école à 13 ans pour devenir apprenti chez Monsieur André Adèle, à Maisons-Laffitte. De 1937 à 1976, André Adèle a dominé sa profession, terminant seize fois en tête du classement des entraîneurs, un record de longévité.
Jean y a effectué toute sa carrière hippique, jusqu’au début des années 1970. De nombreuses chutes et plusieurs opérations l’ont alors contraint à abandonner le métier. Il avait notamment été à l’arrivée d’un tiercé, ce qui constituait une grande fierté pour lui. À l’époque, il n’existait que le tiercé et les courses avaient presque exclusivement lieu le dimanche.
Évidemment, lorsqu’il a découvert l’ancêtre de Sulkyland, il n’a pas pu résister.
Jean, c’était la droiture et le respect des autres. Pour moi, il n’était pas simplement mon beau-frère : il était le frère que je n’ai jamais eu. Je l’ai connu lorsque j’avais 19 ans ; il en avait dix de plus. Nos femmes étaient sœurs et ma sœur a épousé l’un de ses frères. C’est dire la force des liens qui unissaient nos familles.
C’est lui qui m’a mis pour la première fois sur un cheval. Il m’a également offert le privilège de monter son cheval, Imraam, un pur-sang arabe réformé des courses après une blessure au boulet. Ce cheval lui avait été offert par l’Aga Khan et Jean avait consacré deux années à le soigner.
Je pense à ses anciens amis du jeu, présents dès les premières heures : Patrice5, Claude Vincennes, Breackman, Surcouf, Inès, et tous ceux que j’oublie. Je pense également à ses amis plus récents, qui font aujourd’hui partie de notre clan.
Nous perdons un bel homme.
Merci à la vie de m’avoir permis de te rencontrer, Jean.
Si certains anciens ont des anecdotes ou des souvenirs à raconter, je les lirai avec beaucoup de plaisir.